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mardi 04 octobre 2022

8 juillet

Peu après la découverte de la planète NGC7943 et l’envoi de sondes d’exploration, il apparut évident que les êtres intelligents qui la peuplaient, bien que technologiquement moins avancés que les Terriens, présentaient une culture riche et fascinante. Hélas, dans un repli nationaliste, le gouvernement de NGC7943 édicta une règle stricte de protection de son sol. Après des tergiversations diplomatiques complexes, seuls les vaisseaux de commerce chinois, néerlandais et allemands furent autorisés à se poser sur une enclave d’un satellite artificiel, afin de ne pas pervertir la population.
Cette règle serait respectée pendant deux siècles.
Au matin du 8 juillet 2853, trois vaisseaux noirs arborant la bannière étoilée, menés par le commodore Matthew Perry VI, prirent position dans le ciel de Baedor, la capitale de NGC7943. La menace était claire : les États-Unis voulaient une part des échanges. Et ils refusaient d’être relégués sur un satellite, mais exigeaient de se poser directement à Baedor. Pour appuyer leurs revendications, tous les canons à protons des appareils étaient déployés. À contrecœur, le gouvernement féodal de NGC7943 céda à l’ultimatum, et ouvrit sa capitale au commodore.
En posant le pied au sol, Matthew Perry VI prononcera cette phrase historique : « c’est ça, la diplomatie à l’américaine : on tire d’abord et on discute après… et ça fonctionne depuis plus de dix siècles ! »

8 juillet 1853 : le commodore Perry arrive en baie d’Edo et met fin à deux siècles d’isolationnisme du shogunat Tokugawa, au Japon.


Extrait audio du carnet de bord :
— Journée 34 d’exploration, vol stratosphérique, altitude 32 540 mètres.
Survol d’une zone désertique par ciel clair.
Conditions idéales pour l’initiation au pilotage du jeune Zqinarj.
Maintien d’un cap en ligne droite, sans à-coup : OK
Manœuvre de virage à gauche : OK
Descente par palier à 25 000 mètres : OK
Accélération puis retour à vitesse subsonique : OK.

— …Mais c’est quoi cet objet brillant, en face, chef ?
— Ah, ça ?! Un ballon-sonde terrien, la couverture en aluminium reflète le soleil.
C’est tout le paradoxe des humains : brûler des combustibles fossiles qui réchauffent l’atmosphère et envoyer des ballons-sondes dans le désert pour savoir s’il va y pleuvoir… Enfin, te sens-tu capable de manœuvrer pour l’éviter, Zqinarj ?
— Je suppose… est-il préférable de passer par-dessus ou par-dessous ?
— Jamais par-dessous, il y a une queue peu visible sous ces ballons, je répète : pas dessous !
— Bien reçu, par-dessous !
[…bruits divers, mouvements brusques de la cabine…]
— La queue du ballon a été aspirée par notre système de propulsion, les voyants sont en alarme !
— J’avais dit « pas dessous » ! Redressez, et laissez-moi les commandes !
[…]
Altitude 11320, impossible de redresser, perte de vitesse…
Altitude 7650, allumage du dispositif de secours…
Altitude 5940, pas de réponse, perte de portance, assiette à -12°…
Altitude 3210, procédure d’évacuation d’urgence, je répète, évacuation !
Personne ne va jamais croire qu’un vaisseau comme le nôtre peut être mis en avarie par un vulgaire ballon-sonde…
Altitude 1520, fin de transmission. »

Le 8 juillet 1947, découverte de débris (d’un ballon-sonde ?) dans le désert à proximité de la ville de Roswell.

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