Une micro nouvelle par jour pendant un an.

mardi 20 novembre 2018

22 septembre

« Gan-dalf ! Gan-dalf ! Le feu d’artifice! Le feu d’artifice ! Gan-dalf ! Gan-dalf ! »
La fête battait son plein et les enfants, chauffés à blanc, ne parvenaient plus à contenir leur excitation. Ils hurlaient leur impatience d’assister enfin au clou de la soirée donnée par Bilbon pour ses 111 ans.
Tranquillement, un grand bonhomme solidement bâti, cheveux et moustache en bataille, monta sur la scène avec une grande boîte de forme… indéterminée…
« — C’est qui lui ? C’est pas Gandalf ! Et pis il a quoi dans sa boîte ? On dirait la forme d’une hache… Mais, une hache, c’est plutôt une arme de nain ça, pas d’humain…
— Je crois qu’il y en a qui en ont… mais bon, moi j’en ai jamais vu.
— En tout cas c’est pas Gandalf ! »
Le grand bonhomme ouvrit sa grande boîte d’où il tira un drôle de machin… une autre boite, creuse, avec un manche et des ficelles… vraisemblablement un instrument de musique.
Il s’assit sur une grande chaise, à peu près de la taille d’un hobbit à genoux, posa son pied gauche sur un tabouret et l’objet, qu’il tenait de la main… gauche aussi… sur sa cuisse… toujours gauche… décidément…
Quand il toucha les ficelles de ses doigts, de la musique en sorti. Tout le monde était intrigué. Personne ne disait plus rien. Il ouvrit la bouche :
« — Un vingt-deux de septembre au diable vous partîtes,
Et, depuis, chaque année, à la date susdite,
Je mouillais mon mouchoir en souvenir de vous…
— Il chante ! Mais c’est bizarre, je comprends pas bien ce qu’il dit. Y’a quelqu’un qu’est parti ? Y’a des mots qui ressemblent à des mots normaux… mais qui sont pas normaux…
— Je crois qu’il dit qu’il est triste parce qu’effectivement quelqu’un est parti.
— N’empêche que c’est pas Gandalf ! Il est où Gandalf ? »

Quelque part, ailleurs, dans un autre univers, le magicien, fatigué de parcourir la Terre du Milieu, sirotait un petit blanc bien frais avec des copains, sur la plage de la corniche à Sète, en dégustant des huîtres de Bouzigues à peine sorties de l’eau :
« — Dis donc Jacques, elles sont drôlement salées ces huîtres !
— Oui… Elles viennent de l’étang de Thau, à côté. Il est assez concentré, mais c’est aussi à ça qu’il sert le petit blanc : à diluer le sel… À la tienne mon vieux !
— Et à ce pauvre Georges ! Promis, je refais l’échange demain. Il fallait que je me repose un peu. Ras le bol de la Terre du Milieu… Ils sont plutôt du genre à avoir la tête près du bonnet là-bas et manquent sérieusement d’humour. À part peut-être les hobbits… Mais bon, pour être franc, je n’aime pas dire du mal, mais ils sont vraiment trop… gentils… Je crois que j’ai passé l’âge… »

Pendant ce temps, dans la Comté :
« Or, nous y revoilà, mais je reste de pierre,
Plus une seule larme à me mettre aux paupières :
Le vingt-deux de septembre, aujourd’hui, je m’en fous. »

Le 22 septembre 1290 du calendrier de la Comté : Naissance de Bilbon Sacquet.
Le 22 septembre 1368 du calendrier de la Comté : Naissance de Frodon Sacquet.
« Le vingt-deux septembre » : Chanson de Georges Brassens

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