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jeudi 17 octobre 2019

6 janvier – Fête des sept herbes (Japon)

Pour la fête des Sept Herbes, il prépara le space-kayu et voyagea haut, jusqu’à la constellation du Cygne, jusqu’à l’étoile Kepler-186, jusqu’à la planète Kepler-186f. Aujourd’hui, on appelait cette sphère New-Japan et dans la ville de Neo-Tokyo, il cherchait son arrière-…-arrière-petite-fille, partie dans le premier vaisseau générationnel terrien. Accroupie devant un autel, elle s’apprêtait à prier ses ancêtres. Soulagé, il s’apprêta à lui répondre

Anthony Boulanger


Les trois rois s’étaient voulus herboristes. Ils eussent apporté à l’enfant persil, stellaire, navet, radis blanc, capselle (dite aussi bourse à pasteur), lapsane et gnafanie dont ils eussent confectionné un potage qui eût fait les délices du nouveau-né. Mais au matin, ils durent bien se rendre à l’évidence : ils s’étaient fait berner par le marchand, et les sept herbes n’étaient que des épis fanés… Du coup, ils se rabattirent sur l’or, l’encens et la myrrhe, moins originaux, certes, mais aussi plus durables.

Pierre Gévart


Fête des sept herbes Par Tiphaine Levillain

Fête des sept herbes

Le vent lui transperce le corps, ses doigts sont douloureux. Qu’importe : cette année encore, ils cueillent les herbes ensemble. Sa grand-mère lui sourit ; il oublie le froid.

Tiphaine Levillain


— T’es sûr que ça va passer, à la douane ?
— T’inquiète, je gère…
— Mouais… Y en a pour sept kilos, quand même ! Un d’afghane, un de marocaine, un de…
— Mais oui, un kilo de chaque ! C’est ce que dit la recette.
— Tu penses vraiment que c’est raisonnable, de cuisiner une soupe populaire aux sept herbes ?!

Sandrine Scardigli


Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l’adorèrent ; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe.
« Marie ! C’est quoi ce bordel ? Les saintes Écritures sont pourtant claires. Ce qu’ils devaient apporter c’est du thym, de l’origan, du romarin, du basilic, de l’estragon, de la marjolaine et du fenouil. C’est avec ces sept herbes qu’Abraham a cuisiné son fils. »

Père Désœuvré


Les malades se bousculaient à l’hôpital de Guadatralalajara. Chacun arborait un petit bobo qui semblait doloir mille morts, des maladies infectieuses imaginaires et des malaises feints aussi divers qu’avariés. Tous ces patients piaffant avaient pour point commun d’être des hommes.
« C’est pas vrai, grommela le docteur Manolito. Ne me dites pas que nous sommes déjà le 6 janvier ?
— Alors je ne vous le dis pas, docteur, primesauta la pimpante infirmière Firmina.
— Marrez-vous, vous êtes contente car ces abrutis s’amènent avec un panaris mais tentent de vous amadouer à coups de piloncillos. Mais en fin de journée, votre sourire va s’inverser quand vous essuierez la centième tentative de baiser volé.
— Ça ne risque pas, dit Firmina en secouant ses boucles brunes. Car c’est la señorita Calavera qui va s’occuper d’eux. »
Le Docteur Manolito leva les sourcils sans comprendre puis son visage vira au vert, vert comme la nouvelle venue qui se présentait en faisant cliqueter ses os.
« La señorita Calavera voulait se changer un peu de sa célébration des Morts, continua Firmina. Alors je lui ai proposé de participer à la Fête des Infirmières. »
Les hurlements des patients accueillant cette recrue trop osseuse n’exprimèrent pas la joie.

Día de la enfermera muerta en Mejico.

Nelly Chadour

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