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jeudi 01 octobre 2020

16 mai

— Ils vous prendront pour un traître, souligna l’envoyé de Du Guesclin.
L’archiprêtre Arnaud de Cervole hocha la tête.
— J’y suis prêt. Charles est prompt à la colère, il est vrai, mais nul doute que Philippe le Hardi, qui me soutient, saura lui faire entendre raison.
— Tout de même…
— Brisons là, trancha de Cervole. Dites seulement à votre maître que tout s’est déroulé comme prévu. Les troupes anglo-navarraises ne tarderont pas à être prises d’hallucinations et tomberont immanquablement dans le panneau, si d’aventure Du Guesclin faisait mine de battre en retraite.
L’envoyé de Du Guesclin se tourna vers l’ouest. Là-bas, fidèles à leur habitude, les forces anglaises s’étaient retranchées au sommet d’une colline et attendaient les Français de pied ferme. Il était difficile de croire qu’une telle stratégie aurait le moindre effet sur les troupes ennemies.
— Sûrement, le captal de Buch préférera rester à l’abri de ses fortifications, ne croyez-vous point ?
— Croyez-moi, c’est pourtant bien ce qui se produira sous peu. Certains de ses seigneurs, tel Jean Joüel, ont goûté à mon vin « épicé ». Allez, à présent. Rapportez mes dires à Du Guesclin et remportez cette bataille. Je n’en tirerai nulle gloire officielle, mais du moins saurai-je en mon for intérieur que j’aurai contribué à cette victoire française !
L’envoyé salua l’archiprêtre, puis se détourna.
Peu après, la ruse de Du Guesclin permit aux armées françaises de briser la position anglo-navarraise.
16 mai 1364 — Bataille de Cocherel

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