Une micro nouvelle par jour pendant un an.

mardi 04 août 2020

Content Tagged "violence"

17 octobre

À la machine à café, deux hommes discutent politique. C’est la pause mais dans cinq minutes il faudra retourner au turbin. Sur le journal, nouvelle bavure policière aux États Unis lors d’une manifestation Noire. – C’est pas ici que ça arriverait, fait Augustin, la trentaine blanche et bon teint. – J’y ai cru aussi, répond Mohamed, tout près de la retraite. Et puis un jour, mon grand père n’est pas revenu d’une manif, et personne ne s’en est jamais inquiété… 17 octobre 1961 : répression meurtriere de la police lors d’une manifestation pacifique du FLN.

17 juin

— Alors ça y est, c’est fini ? demanda Rodney, en frissonnant. Arsile lui lança une épaisse serviette, le mort s’essuya en regardant son propre cadavre au fond de la piscine. Et continua à frissonner. Il fixa la surface de l’eau où défilaient des images de sa vie. Une voix du passé, sa propre voix, s’éleva en un bouillonnement de bulles : « Est-ce qu’on ne peut pas tous s’entendre ? Est-ce que … est-ce que … est-ce qu’on ne peut pas s’entendre ? » — Disons qu’il y a des gars qui vont débarquer bientôt et essayer de vous …continue reading

25 novembre

Trois jolis papillons se posent sur les fleurs Qui ornent une tresse ; dans la mort, pas de peur. Quelques lignes tracées, bout de papier froissé Cheveux de sang souillés, un message est caché « Amour, ne m’attends plus. J’ai peur et ne saurai Venir à toi ce soir, car le temps m’est compté. » Mots tombés, piétinés, oubliés dans la boue Et avec eux l’espoir. Sans elles, rester debout ? Trois sœurs assassinées, par machettes et fusils La liberté chérie que tue la barbarie. Violences et douleurs… Hommes ! Quand pourrons-nous Oublier qu’être femme, c’est lutter face aux loups …continue reading

12 juin

« Faut que je te le répète ? À genoux, salope ! » Linda ne veut pas. Mais elle voit son mari, ombre sinistre debout derrière le chef opé. Il a ce regard. Elle le sait, si elle n’obéit pas, il la cognera ce soir, quand ils regagneront le domicile conjugal. Le plus fort possible, là où ça ne se remarquera pas. Ça lui demandera du doigté, d’ailleurs : quand la caméra tourne, elle ne porte rien qui puisse dissimuler les plaies, les ecchymoses. Alors elle s’exécute. Elle avale le sexe de son partenaire, elle s’étrangle, elle s’étouffe. Être ailleurs. …continue reading

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