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lundi 28 septembre 2020

11 juin – Fête de Kamehameha (Hawaï)

— Pai’ea, mon divin époux, ô grand roi Kaméhamé 1er, ton peuple souhaite te voir. Il espère ta venue sur la plage et que le miracle s’accomplisse, cette année encore. Ne combleras-tu pas ses attentes ?

— Ka’ahumanu, ma bienheureuse aimée, je suis lassé de ce spectacle que je livre, chaque année.

— Mais c’est ainsi qu’ils honorent ton infinie puissance ! Celle qui fit l’union d’Hawaï…
Pai’ea s’éloigna de Ka’ahumanu. Elle était ravissante dans son pau traditionnel, un large lei en fleurs autour du cou.
Elle portait plusieurs bracelets en dents de chien aux chevilles, qui produisaient de légers cliquetis dès qu’elle marchait. Le poids des ans n’y faisait rien : elle restait la plus merveilleuse des femmes. Pai’ea se frotta le ventre, mécontent.

— La belle affaire, grogna-t-il. J’aurais mille fois préféré ne jamais rencontrer ce Dieu-Dragon venu d’Ailleurs. Il m’a transmis son pouvoir ancestral, mais il y avait attaché le boulet des responsabilités. « Tueur de chefs ». Vraiment… J’ai seulement envoyé une décharge d’énergie en direction de l’océan pour en mettre plein la vue à tous ces superstitieux…

— La mer s’est écartée devant toi !

— Dans un siècle ou deux, on ne parlera plus de tout ça. Je serai retourné à la mer et mon exploit sera oublié de tous depuis des âges.

— En es-tu bien certain ?
Ka’ahumanu sourit. Elle avait contemplé l’avenir. Elle savait. Deux cents ans plus tard, même les enfants des temps futurs continueraient d’imiter les gestes de Kaméhaméha 1er. Le nom de son époux serait révéré par-delà les océans. Elle ne doutait pas une seconde qu’elle-même serait honorée, même si son propre destin lui restait voilé.
Oui, Ka’ahumanu était confiante. Pai’ea ferait la démonstration de sa force, année après année, pour leur plus grande gloire à tous deux.

Pascal Bléval


— Notre Père à tous se meurt. Le monde est perdu…

Le peuple Hawaïen était assemblé autour de l’énorme masse de Kané Milohai, le créateur du monde. Il gisait sur un lit gigantesque couvert d’édredons à plumes de canard larges comme l’île de Niihau. La tête monumentale luisante de sueur reposait sur des centaines d’oreillers obèses tendus de peau de phoque moine.

— Laissez-moi passer, on m’a dit qu’il y avait un mourant ici !

La foule s’écarta. Un homme grand et mince s’aidant d’une canne s’approcha du titanesque malade.

— Et il lui arrive quoi, à Bibendum ?

— Il a perdu la vue et la parole, puis s’est mis à convulser en plein milieu du repas célébrant le couronnement de son fils, répondit le plus calme des sujets.

Les autres s’outragèrent bruyamment devant l’impiété du médecin.

Le praticien boiteux porta son attention sur le corps formidable de Kané Milohai, puis sur les reliefs pantagruéliques du repas qu’il avait englouti avec ses enfants. Un lac de vomi avec les restes bien reconnaissables d’un cochon rôti attira son attention.

— J’ai eu ce genre de cas dans le premier épisode de mes aventures ! Faites-lui une radio et vous trouverez le parasite qui affecte son système nerveux central ! Sur ce, je vous laisse, j’ai un dieu nordique avec une flèche en gui dans le cœur à ressusciter.

Fête de Kamehameha (Hawaï) et anniversaire de Hugh Laurie.

Nelly Chadour


JACK KIRBY.— Steve, regarde la télé !

STEVE DIKTO.— Merde, c’est ce bonze qui s’est immolé par le feu ! Écoute, Jack, je comprends qu’une torche humaine t’intéresse, mais c’est morbide. C’est pas un personnage de comics, c’est la réalité ça.

JACK.— Justement ! Regarde de plus près. Tu ne remarques rien ? Tu trouves qu’il a la tête de quelqu’un en train de brûler vif ? Et regarde qui est à l’arrière-plan.

STEVE.— Non ! C’est pas vrai ! Staaaan ! Viens ici tout de suite !

STAN LEE.— Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ?

JACK.— Tu peux nous expliquer ça ? On a pour instructions de surtout jamais leur donner vie. Ils doivent rester des personnages de bande dessinée.

STAN.— Cool les gars. Je voulais juste rendre service. Ça permet d’attirer l’attention sur le Tibet et d’éviter le sacrifice d’un pauvre moine. Je me suis dit qu’on pourrait mettre à contribution la véritable Torche humaine. Tout le monde n’y a vu que du feu, si j’puis dire.

STEVE.— Mouais. N‘empêche que t’es lourd, on avait dit qu’on ne faisait pas de politique.

Le 11 juin 1963, le bonze Thích Quảng Đức s’immole par le feu, du moins c’est que l’on croit.

Père Désœuvré


Pour la fête de Kamehameha, les Supers Sayens de la Galaxie se réunissent à Hawaï, Terre, pour un étalage de leurs techniques et un barbecue de tortues. Vers minuit, les guerriers lancent leurs boules d’énergie dans l’espace, visant la ceinture d’astéroïdes en un concours de précision. Ce qui donne aux Européens l’occasion de célébrer la Nuit des Etoiles filantes en se méprenant sur l’origine des traînées enflammées.

Anthony Boulanger


Akira Toriyama n’a jamais mis les pieds à Hawaï. C’est sous couvert de licence artistique qu’il a emprunté le nom du souverain des îles Hawaï pour désigner le coup quasi magique employé par les superhéros de sa bande dessinée. C’est une coïncidence aussi impromptue qui a conduit des organisateurs de MMO à proposer un tournoi précisément le jour de la célébration du roi d’Hawaï. En outre, la rumeur voulant que ce concours serve de recrutement pour un programme secret sur les surhumains probablement nommé « Super Sayan » est totalement infondée. Et, bien entendu, le fait que les gouvernements s’efforcent de cacher aux populations une soi-disant menace de destruction planétaire par différentes races extra-terrestres plus ou moins mutantes est totalement faux.

Mais ça fait quand même beaucoup de coïncidences.

Vincent Corlaix


Le dieu sans nom avait été oublié des cultes humains ; sa colère fut telle qu’il décida de punir les impudents. Durant des jours et des nuits, il souffla de toute sa rage sur les petites îles où on l’avait négligé. Au cœur de cet hiver infernal naquit un petit homme que d’autres dieux choisirent pour unir les humains, afin de résister à la haine inique du vent.
Pélé, déesse de la colère et des volcans, sut que cela ne suffirait pas. Malgré ses attributs favoris, elle savait que la force de l’amour peut faire des miracles ; aussi choisit-elle une petite humaine qui allait marcher aux côtés du petit homme, en qui elle souffla une part de sa force et de sa détermination.
Ainsi furent élus les souverains qui unirent l’archipel d’Hawaï : le roi Kamehameha, né au cœur de la tempête, et la reine Ka’ahumanu, femme de pouvoir.

Sandrine Scardigli

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