Une micro nouvelle par jour pendant un an.

vendredi 24 novembre 2017

Content Tagged "Russie"

30 décembre

Qu’est-ce qu’un corps lorsque l’on possède, comme moi, la vie éternelle ? Je dois cependant me détacher de ce tombeau de chair pourrissante. Le temps presse. Ainsi se disait Grigori Efimovitch Raspoutine tandis qu’il traînait à l’aveuglette sa carcasse battue, rompue, brisée, fusillée à bout portant. Ses yeux morts, ou presque, ne l’aidaient plus guère à voir où le menaient ses pas hésitants, trainants. Parfois, ses genoux se dérobaient sous lui et il tombait de tout son long, pour mieux se relever à la seule force de sa volonté. Il en avait vu d’autres, bien sûr, au cours des nombreux …continue reading

9 juillet

« — Tu sors ! — Mais… — Quoi ?! Tu l’as vu le carton là ?! Il est de quelle couleur ?!! — Rouge m’sieur… — Et quéceussaveudire quand il est rouge le carton ? Hein ?! — Ça veut dire qui faut que j’sors m’sieur… — Alors DEHORS !!! — Mais il a dit… — Mais on s’en fout c’qu’il a dit ! ON NE TAPE PAS ! C’est pourtant pas compliqué ! Si ?! — Mais c’était à propos de Catherine m’sieur… — Quoi Catherine ?! Qu’est-ce qu’elle fout là celle-là ?! — Ben il a dit …continue reading

13 mars

Je me tiens là, immobile, à l’entrée de la ville. J’assiste, silencieuse, à l’entrée des troupes. Dix mille hommes au bas mot. Le plus fort de la résistance est organisé ici, à quelques mètres à peine de moi. De ce qu’il se passe au-delà, je n’en sais rien. Ou si peu. Des blessés, des morts. Et puis, il entre : l’Empereur des Français derrière un régiment de la Garde impériale. Il passe à mes pieds, s’engage dans la bataille, m’éclabousse de sang. Mon fer forgé s’imprègne de rouge. 13 mars 1814 : Napoléon entre dans Reims par la Porte de …continue reading

7 mars

« I. Organiser immédiatement des réélections aux soviets avec vote secret et en ayant soin d’organiser une libre propagande électorale pour tous les ouvriers et paysans, vu que les soviets actuels n’expriment pas la volonté des ouvriers et des paysans ; » Mikhaïl déchira le papier sans lire la suite. Son visage fermé exprimait une colère sourde qui fit frémir Peter, son assistant. — Nous tirerons ces traîtres comme des perdrix, annonça le redoutable gradé de l’Armée rouge. Quel dommage que Trotski ne nous autorise pas, pour le moment, d’utiliser nos armes chimiques, cela aurait été rapide et exemplaire. Mais …continue reading

16 février

Il lui fallut plusieurs mois pour naître. Traverser une partie de l’hiver. Rude saison au milieu des derniers soubresauts de la guerre. Avant ça, elle n’était que l’ombre d’elle-même, un brouillon. Se dresser malgré les interdictions, les concessions. Vivre au compromis. Exister ainsi, par le choix des autres. Toujours les derniers soubresauts de la guerre, mais les balbutiements de l’indépendance. Bientôt. Pour l’atteindre, il y a néanmoins plus qu’un pas. Pour se hisser sur ses jambes frêles, il lui fallut d’autres nombreux mois. Et enfin, exister. 16 février 1918 : à 12 h 30, le Conseil se réunit dans la …continue reading

26 novembre

Alexandra monte le verre à ses lèvres et stoppe son mouvement. Un reflet a attiré son regard. Elle se retourne, mais ne voit rien de plus que les convives rassemblés pour les festivités. Alors qu’elle porte de nouveau les yeux sur sa boisson, la scène s’anime. Quatre petites filles jouent avec son époux Nicolas. Plus loin, une servante tient un nourrisson entre ses bras. Alexandra sourit en contemplant les années de bonheur qui l’attendent. Mais le brillant s’estompe ; le verre se fendille tandis que la révolte gronde. Et soudain, l’ombre d’une cave voile sa vision. Le verre éclate entre …continue reading

25 Janvier

— Tovarishch Lieutenant Sergueï, nous avons un écho radar non identifié. — Précisez, camarade. Quelle trajectoire ? — Actuellement le NLO survole le Svalbard. D’après l’ordinateur il suit une trajectoire elliptique correspondant à un Minutemen type 3. — Une attaque nucléaire américaine ? Impossible. Tovarishch Grutschev, auriez-vous dépassé votre quota de vodka quotidien ? — Niet, camarade Lieutenant. Le camarade radariste d’Olenegorsk confirme les données. Le gradé soviétique ôta sa large casquette et se passa la main dans ses cheveux ras. Il appuya ensuite sur un bouton de l’intercom. — Convoquez le camarade mag Leonov. Tout de suite. Quelques minutes …continue reading

Facebook Auto Publish Powered By : XYZScripts.com