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vendredi 26 avril 2024

Auteur : Romain Jolly

quest.of.nimora@gmail.com'

Romain Jolly touche à tout et aime apprendre. Documentaliste de formation, il s’extasiera devant des données bien indexées, et secouera la tête avec une moue réprobatrice si votre disque dur n’est pas rangé selon une arborescence réfléchie et adaptée à vos usages (!). Il fera la même tête s’il s’avère que vous n’avez pas au moins un livre sur vous, car il aime les livres. Pour le reste, il navigue de fixette en fixette, et cela l’amène à programmer, apprendre le piano, jouer au go... Ses écrits se tournent, par goût et par culture, vers la littérature de l’imaginaire et explorent les différents genres au gré de ses envies.

Articles récents

16 janvier

Sanglé à la chaise électrique, Albert Fish souriait, attendant avec impatience l’ultime douleur de sa vie, et le plaisir qui allait de pair. — Tu vas rôtir en enfer, sale monstre ! lui lança une femme venue assister à son exécution. — Les fesses rôties de votre fils étaient un mets divin, madame. 16 janvier 1936 : exécution d’Albert Fish, tueur en série cannibale.

29 décembre

Dans l’aube naissante, le colonel du 7e de cavalerie supervise la disposition des canons Hotchkiss, pointés vers le camp où ont été parqués les Sioux. De nombreux soldats caressent inconsciemment leurs armes en discutant d’une voix basse enflammée par l’alcool et par les souvenirs. Nul n’a oublié la bataille de Little Big Horn, où les rangs du régiment ont été décimés quatorze ans auparavant. L’ambiance est tendue. Les Sioux sont rassemblés. Le chaman diffuse l’ordre donné par les hommes blancs : ils doivent livrer toutes leurs armes à feu. Parmi les rangs indiens, affaiblis par la famine, nul ne bronche. …continue reading

4 décembre

Minuit, l’heure du crime. Dans le cimetière d’Ault Hucknall, deux alchimistes vêtus de noir allumèrent une lampe tempête et se dirigèrent sans hésitation vers une tombe bien précise. Ils agissaient vite et en silence, pelles et pioches à la main. Soudain, le chien du gardien aboya. La lampe fut aussitôt éteinte, et les deux silhouettes se fondirent dans l’ombre, attendant que le canidé rentre dans sa niche. Puis ils rampèrent jusqu’à la tombe voulue et commencèrent à desceller la pierre tombale en silence, avant de s’enfuir avec, riant sous cape. « À nous le pouvoir ! » Le lendemain matin, …continue reading

2 décembre

Lorsque son père rentra du travail, le petit Junior jouait avec son nouveau cyborg, affectueusement surnommé CybIS. — Dis papa, c’est quoi un esclave ? — Euh… Dans les temps anciens, c’était un être humain à qui on avait enlevé sa liberté et qu’on forçait à travailler. Pourquoi ? — Est-ce que CybIS est notre esclave ? — Bien sûr que non ! C’est un robot, ça n’a rien à voir. — Mais tu le fais travailler tout le temps, alors il n’est jamais libre. Pourquoi est-ce que c’est différent ? — Parce que c’est juste une machine. Il a …continue reading

12 octobre

— Vous y croyez vous ? pérore-t-elle, le regard dans le vide. M’exiler, me traiter comme si j’étais une sorcière qu’il fallait brûler sur la place publique ! Le barman ne l’écoute pas. Elle prend une large gorgée puis claque des doigts pour attirer son attention. — Un autre quart de rouge. — Si, seniora Nadina. Le barman la ressert de sa mixture qui mérite à peine le nom de vin. — J’aurais dû attendre quelques jours. Le 12 octobre, mince alors, quelle date ! Là j’aurais eu des arguments imparables, ils auraient bien été obligés de respecter mon autorité …continue reading

2 octobre

Tlatelolco, Mexique. La foule est nombreuse, étudiante dans sa majorité. Les slogans criés à tue-tête me grisent. L’énergie qui se dégage de la manifestation pacifique est formidable. Alors que l’on avance lentement vers la Plaza de las Tres Culturas, des cris retentissent. Des militaires arrivent par centaines, baïonnette au clair. Ils sont terrifiants. Tout le monde se serre les coudes. Une étudiante m’adresse un regard effrayé. Je lui souris, et lui dis que tout va bien. Elle est mignonne. Erika. Très enchanté de faire ta connaissance. La marche reprend aussitôt, décidée à ne pas se laisser intimider. Erika me parle …continue reading

27 août

Le chasseur descend de la calèche, arbalète à la main et chapeau enfoncé bas sur le front. Avisant un autochtone qui le dévisage bouche bée, il l’apostrophe violemment : — Toi ! Dis-moi de suite où se trouve le Grand Dragon ! — … Quoi ? — Ne me réponds pas en langue draconique, impudent ! Votre satané draco-romain… Ta magie ancestrale est sans effet sur moi ! — Euh… c’est daco-roumain, et c’est juste notre langue, vous savez… enfin, le roumain quoi. — Mensonges ! Je sais qu’il s’agit du dialecte que vous a légué le grand Dracula à votre indépendance …continue reading

8 août – journée du chocolat

La première panne sérieuse du réseau central des régulations temporelles intervint, ou interviendra, ou est intervenue, ou sera à intervenir un 8 août, d’une année par définition indéterminée. Quelle journée que ce 8 août ! Le stagiaire qu’on avait laissé aux commandes le temps que les contrôleurs titulaires prennent leur pause pipi mélangea tout. Ce jour-là, donc, l’empereur Hadrien partit pour Sainte-Hélène, Tycho Brahe subit une transplantation cardiaque, Napoléon, à la tête de l’armée d’Egypte et avec Saddam Hussein à la tête de sa cavalerie, envahit le Koweït, Emiliano Zapata remporte six médailles d’or aux Jeux olympiques de Pékin, et …continue reading

5 août

— Ma, stronzo, où as-tu appris à conduire ? — Sorry, mais vous auriez dû me laisser passer, je venais de votre gauche. — Ma che sinistra ! Ici, on laisse la priorité à droite ! Ma bella Santa Maria, elle est foutue maintenant. Porca Miseria ! Qu’est-ce que je vais raconter à Doña Isabel ? 5 août 1492 : 2 jours après son départ, Christophe Colomb embouti un navire anglais à l’approche des Canaries. Il est obligé de rebrousser chemin. Père Désœuvré L’abbaye de Westminster s’affaire dans l’urgence sous le regard intransigeant d’Henri. L’évêque de Londres s’approche de lui, …continue reading

31 juillet

Les bras croisés sur sa poitrine, Antoine se souvient de la chaleur du petit corps aux cheveux d’or blotti contre son cœur. — C’est normal d’avoir peur, hein ? demande-t-il aux grelots. Il n’y aura personne pour voir sa vieille écorce abandonnée, alors ce sera peut-être moins triste ainsi. Il sourit, les yeux fixé sur les étoiles, bercé par leur rire cristallin. Dans sa main, il serre le dessin de la muselière, avec la courroie cette fois. — C’est normal d’avoir peur, hein ? 31 juillet 1944 : disparition d’Antoine de Saint-Exupéry

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