Une micro nouvelle par jour pendant un an.

jeudi 12 décembre 2019

3 octobre – journée mondiale de l’urticaire

« Mais regardez-vous ! Vous traitez ces humains d’animaux, mais vous vous comportez comme eux. Sous prétexte que cet esclave a volé une banane, vous voulez lui arracher les dents. Vous devriez avoir honte ! Même le plus primitif des gorilles serait révolté !
— Cornelius, vous vous égarez. Ce ne sont que des humains. Quelle importance ?
— Mais enfin, Dr Zaius ? (se frottant le crâne avec les mains)
— Cornelius, ne commencez pas avec vos mimiques !
— Je ne commence pas. (Se frottant le dos contre le mur plus proche, puis se roulant sur le sol)
— COUPEEEEEEEEEEEZ !
— Bon Roddy, qu’est-ce que tu fabriques ?
— Mais rien, ça gratte, c’est terrible ! Je n’arrive pas à m’en empêcher. »
On lui retira son masque de latex et on découvrit toute une série de plaques rouges.
Le médecin du plateau intervint et l’examina.
« Bon, c’est de l’urticaire. Rien de bien méchant, mais ARRÊTEZ de vous gratter ! »

3 octobre : journée mondiale de l’urticaire
3 octobre 1998 : mort de Roddy McDowall

Gédéon


Edgar se débat, hurle, et essaie de plonger dans tous les paradis artificiels qu’il connaît afin de fuir cet enfer, car ça ne peut être que l’enfer, son corps brûle du bout de ses orteils jusqu’à la pointe du moindre de ses cheveux, son costume lui est insupportable, en changer comme se rouler par terre ne sert à rien mais autant essayer, encore un verre de la fée verte, encore une cuillerée de la confiture magique, encore une bouchée… Il déambule dans les rues en quémandant de l’aide, un docteur, un bar, un exorciste, peu importe du moment que cela cesse.
Il ne faut jamais sous-estimer les dégâts de l’urticaire.

3 octobre 1849 : quelques jours avant sa mort, Edgar Allan Poe est retrouvé errant dans les rues, habillé de vêtements qui ne sont pas les siens.

Sandrine Scardigli


— J’ai l’guitariste qui me démange, alors je gratte un p’tit peu… Ça me soulage et ça s’arrange, mais ça fait pas très sérieux… Pardonnez-moi c’est très étrange, ça me prend là où ça veut, c’est l’guitariste qui me démange, alors je gratte un p’tit peu…
Héklar s’interrompit et le silence retomba, seulement troublé par les derniers soubresauts du rire du guitariste. Il posa l’humain au sol et celui-ci, incapable de contrôler ses muscles, se répandit telle une flaque. Les tentacules d’Héklar avaient su trouver les endroits les plus sensibles aux chatouilles chez ce pauvre Yves et ce dernier n’était pas prêt de s’en remettre. D’autant que d’impressionnantes plaques rouges faisaient déjà leur apparition là où Héklar avait touché la peau du mammifère.
— Une chose est sûre, souligna le sergent Chouinpch. Ça ne fait pas très sérieux.
— Oui, mais ça détend ! Tu devrais y goûter, Chouinpch. Tiens, je te prête Yves. Je t’assure que tu ne regarderas plus les guitaristes comme avant !
— Je vous crois, commandant, répondit Chouinpch.
Il ne demandait pas mieux que de se frotter à ce genre musical très en vogue sur le vaisseau, mais face à un mélomane tel qu’Héklar, il se sentait petit et maladroit. Il préféra prendre congé.
— Je devrais commencer avec un instrument plus docile, pour voir, marmonna-t-il une fois seul dans le couloir. Je vais me commander un chat. C’est minuscule et ça ronronne bien, même sans chatouilles. Peut-être que j’arriverai à en tirer quelque chose ?

Pascal Bléval


L’auteur atteint du syndrome de la page noire se retrouve à écrire des micronouvelles alors même qu’il pensait rédiger un refus à l’équipe de la Microphéméride pour un de leurs Jours avec.
— Allez vous gratter, leur répond-il.
Eux préfèrent encore gratter le papier pour rendre l’injure présentable et lisible.

***

Vu comment ça le grattait jusqu’aux sangs, il n’était pas certain de faire de vieux os, mais il savait pour sûr qu’il ne finirait pas vieille peau.

Jacques Fuentealba

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